Blondes autour du monde
Famille Craplet de Nanterre à Singapour, en camping-car entre 2009 et 2010


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Ciao tutti

(by Vince)

 

 

Pour ce qui est de l’Italie : pluie, pluie, pluie. Nous avons débarqué à Ancone vers 15h Lundi, pluie. « que causa ? » on a dit, parce qu’on ne sait rien dire en italien, et l’on a tracé la route jusqu’à Florence. On a dormi dans la rue (camping à 45 euros !!!), on entendu la pluie tambouriner toute la nuit. Le matin : pluie. « basta ! » on a dit, et on est parti pour Pise où l’on a tourné une heure en cherchant la tour. Vous savez, il y a une tour penchée assez célèbre à Pise ? Et ben on ne l’a pas trouvée. Ca peut paraître con. Et bien en fait ça l’est. C’est très con. Point. Pas de mais. On a dit « Vafenculo » parce qu’on a un ami italien très pédagogue, et l’on est parti pour Cuneo, près de la frontière française dans la montagne (de l’autre côté : Barcelonette, derrière le col de Larche). Il faisait beau quand on est arrivé vers 18h. Et puis cette nuit ça a recommencé à tambouriner. J’ai lavé le camping car ce matin, on a fait le bilan, on a  dit ‘Nel’ parce que ça veut tout dire en italien je crois, et l’on va partir dans une heure. Tout à l’heure la France ! La France bafouée, la France humiliée, mais la France éternelle !

 

Pour ce qui est du bilan, j’arrive après Anne-Claire, je vais donc vous la faire courte.
Sur ce qui est de notre couple, c’est des trucs de gonzesses tout ça, tout ce que je peux dire, c’est que finalement les suspensions de Pantoufle ont bien tenu le coup.

La première chose que je retiendrai est la vie de famille en espace confiné qui nous a entraînés pour être la première famille complète en apesanteur si d’aventure ils recrutent pour la station spatiale (avec même les odeurs de chiottes chimiques. A moins que comme dans Franquin, zou les gros cacas soient expulsés dans l’espace pour rejoindre tous les débris fébrilement suivis sur radar ultraperfectionné par des équipes de spécialistes américains au pentagone et ailleurs, faisant parfois s’exclamer au sergent Johns, « captain j’ai un fuckin’ caca qui va percuter Kondor56 notre satellite de surveillance des fuckin’ sites d’enrichissement de fuckin’ uranium iranien, qu’est ce que je fais, fuck. » « Damn it, Johns, on va pas laisser un vulgaire fuckin’ étron gagner la guerre contre le fuckin’ extrémisme, le fuckin’ islamisme, le fuckin’ radicalisme, enfin bref tous les fuckinismes sauf démocratisme et consumérisme. Merde ! Balance un missile ».)
Aïe, je me relis. Mon bilan serait-il une énième plongée dans le scatologique ou le scabreux. Oui, oui, oui.
Non. Un peu de sérieux. Quel bonheur en effet de voir les filles évoluer, grandir, d’avoir le temps de discuter sans crier, enfin crier d’abord puis après avoir le temps de discuter, les entendre rire, réfléchir (avec les bruits d’engrenage), les sentir heureuses ou tristes, sentir aussi leurs terribles odeurs de pieds (toutes les filles ont-elles un problème avec ça ?), jouer aux playmobils, expliquer pourquoi Jésus n’est pas une réincarnation de Visnu (enfin, selon la bible), etc…

 

Et puis la deuxième chose dont j’ai déjà parlé, c’est l’expérimentation de la liberté, même illusoire, que l’on avait plus ressentie depuis la période entre 22 et 25 ans, après les études, avant le boulot. Certes en terme de liberté, on ne s’y connait plus du tout de nos  jours. Fini le temps des seigneurs tout puissants, qui ne rendaient des comptes qu’à un lointain suzerain, une fois l’an quand les routes étaient dégagées, qui pouvait violer et tuer à loisir, en tout impunité. Aujourd’hui, à part peut-être dans la mafia, pas moyen de violer et tuer en tout impunité. Et puis quoiqu’il en soit, la mort est toujours au bout du chemin. Alors, hein, bon, comme disait Pierre Desproges. Donc nous nous sommes contentés d’une petite liberté à notre niveau. Choisir d’aller là plutôt qu’ici, rester, partir, dormir, se réveiller. Avoir le choix tout le temps. Et puis bon on en arrive à quoi ? Tous les matins on a mis le réveil. On a fait l’école à fond, on a écrit, dessiné et puis quand on n’avait plus rien à faire on lavait le camping car. C’est acquis, c’est inné, je ne sais pas, mais on ne pouvait pas ne rien faire. Et puis dessiner ou écrire, c’est génial, mais comme boulot je ne pense pas que ce soit tellement mieux qu’organisateur dans une banque. En tout cas pour moi.

Donc le bilan c’est ça ? S’évader de la prison pour y revenir de son plein gré ?
Grosso modo, oui avec cette extraordinaire et stupéfiante découverte, que peu de philosophes n’ont ne serait-ce qu’approché du bout de la pensée : on ne peut pas tout avoir et l’herbe est toujours plus verte ailleurs ! C’est bouleversant, je sais. Mais combien nous croirons sur parole ? La vie est belle, surtout chez soi.

 

Allez, j’arrête et je vous laisse lire le bilan d’Anne-Claire que je partage (sauf le truc sur ma conduite parce que bon si on s’amuse jamais, à quoi bon ? et elle vous racontera la petite route sur la colline de Florence entre deux murs de pierre, interdite aux plus larges que 2m20, où l’on a terminé en beauté, oserai-je dire.)

 

La bise du hamster et merci lecteurs et commentateurs.


Publié le 6/05/2010 à 12:15, dans Livre de Bord, Cuneo
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