Blondes autour du monde
Famille Craplet de Nanterre à Singapour, en camping-car entre 2009 et 2010


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On ferme...

(by Anne-Claire)

 

Nous y voilà… Dernier jour à l’étranger. Demain, on retrouve notre chère France et les nôtres.

 

Alors, si bilan il y a, il faut qu’il soit écrit aujourd’hui. Après, toutes nos impressions seront modifiées par notre façon de les raconter, altérées par vos commentaires et vos questions, bonifiées par vos remarques, enjolivées pour faire un peu les mariolles.

 

Alors, c’est parti et dans l’ordre.  Comment je me sens après ces 10 mois de voyage ?

 

Bien, reposée, sereine. Un peu éclairée sur où j’en suis après 37 années sur cette terre. C’est pas facile de faire le point sur soi quand on est à la maison : appelée par les enfants, le boulot, la machine à laver, les courses, les copains, … Je me disais souvent qu’avec un peu de calme je réussirai à faire un peu plus la part des choses mais c’est pas vrai. Pour faire une vraie introspection, il faut du temps, il faut s’ennuyer, il faut se frotter à d’autres manières de vivre. Il faut sentir la foi des autres, voir comment ils vivent leur vie, être remuée par la ferveur de gens simples, être emplie de respect pour le courage de ceux qui vivent avec presque rien. Alors, on se regarde et on se souvient… Pleins d’images et de faits oubliés et bien enfouis cherchent à remonter pour nous montrer comment on est nous… Le reste est un peu diffus encore pour moi mais globalement, j’ai fait le tour de moi, je me suis regardée sous différentes coutures et je vois quand même assez bien comment j’en suis arrivée là et où je peux aller. Comme un résumé de mi-parcours !

 

Et puis, il y a nous deux aussi. Vincent et moi. Je vous en ai parlé récemment. C’est comme si cette vie en comité réduit avait permis de mettre en avant le meilleur et le pire de nous. Dans les bons moments, on a retrouvé l’essentiel de notre capital de couple idéal. De le voir jouer avec les enfants, planifier notre itinéraire, prendre les décisions qui s’imposent, chanter comme une casserole, imposer le calme quand le poulailler s’emballe, me demander si tout va bien quand j’ai le regard dans le vide… tout ce que j’aime en lui. Et puis, les autres moments, quand on ne se supporte plus, parce que je lui fais des réflexions sur sa conduite, que je suis sure d’un truc et que je me plante complètement en fait… Ces moments où je sens qu’il en a marre de moi… Et dans tous ces moments, l’important encore c’est qu’on sera surement mieux armés maintenant pour continuer notre route et reprendre les écarts. Parce que sans cette petite pause dans notre vie, on aurait continué à foncer tout droit sans forcément être sûrs qu’on voulait partir dans la même direction.

 

Et puis, il y a nous cinq. Faire une pause de 10 mois avec ses enfants. Les voir grandir, les voir réfléchir, absorber tout ce qu’on vivait, à leur manière. Leur faire l’école, voir où elles ont du mal et ou tout est simple. Les pratiquer excitées, fatiguées, énervées, ennuyées, heureuses, satisfaites, surprises… Les avoir rien que pour nous. Les sentir en étant sûrs de ce qu’elles pensent parce qu’on a rien manqué de leur journée. Emmagasiner des repères identiques et qui vont continuer à vivre et resurgir par moment. Avoir pris un rythme tous ensemble, savoir quand un moment va être plus dur pour les unes ou les autres, savoir lever le pied quand tout le monde en a marre, pouvoir hurler pour que tout le monde se calme et que cinq minutes après, plus personne n’y pense. Je crois que par-dessus tout, c’est ça qui restera le plus fort de ce voyage : notre vie à cinq avec rien d’autre (ou presque) pour s’occuper, et ce pourquoi il fallait vraiment le faire. Si je devais disparaitre trop tôt, c’est ça que je serais fière d’avoir légué à mes enfants : un moment unique, long et fort pour qu’elles se sentent fortes, prêtes à affronter le  monde en grand, sans idées étriquées, sans avoir peur de faire trop grand !

 

Et comme prévu, en élargissant encore mon cercle, je sais plus que jamais que je suis une personne sociable, qui a besoin de sa famille, de ses amis, d’une vie sociale, pour être heureuse. J’ai besoin de vous voir, de vous parler, de vous entendre, de savoir que tout va bien, de m’occuper de vous quand ça va mal, de me sentir utile à d’autres qu’à mon petit cercle.

 

Alors j’ai hâte de vous revoir tous, de voir tout ce qui vous est arrivé à vous aussi pendant cette année de séparation.

 

Je suis plus que contente de rentrer, mais je suis aussi très fière de nous. Il fallait le faire ce tour du monde, l’imaginer, l’organiser et le mener à bien. Et maintenant, on rentre avec tous nos souvenirs, le cœur gros comme ça, toutes ces rencontres dont on se souviendra et tous ceux qu’on reverra très bientôt j’espère.

 

Préparez-vous, on arrive !


Publié le 6/05/2010 à 12:11, dans Livre de Bord, Cuneo
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