Blondes autour du monde
Famille Craplet de Nanterre à Singapour, en camping-car entre 2009 et 2010


Menu

» Accueil
» Qui suis-je ?
» Itinéraire prévu
» Itinéraire réel
» Livre d'or
Grèce
Bali
Dessins
L'Asie, c'est fini
Angkor
Laos
Thaïlande
Singapour Malaisie
Inde
Dubai
Photos HQ
Photos HQ 2
Iran
Turquie
Bulgarie
De Budapest à la Mer Noire
Budapest
De Villiers à Budapest


Rubriques

English version
Itineraire prevu
Livre de Bord
Membres participants


Jeu dangereux

(by Ac)

 

Petite analyse de la mutation de nous et de notre couple en 15 ans…

 

Au commencement, lui avait déjà besoin de s’alimenter en lectures très sérieuses : pavés historiques, récits de voyage, réflexion sur l’évolution de l’architecture des châteaux forts au XIIième siècle, … Bref, que des bouquins dont je ne lisais même pas la quatrième de couverture et qui faisaient beaucoup marrer nos copains sur la plage ! Il était déjà lui-même en quelques sortes, celui que vous connaissez tous.

 

De mon coté, j’étais une sorte de speedy gonzales, attachée à l’organisation ou à la participation de tous les évènements festifs, y compris familiaux, du moment. J’imposais à mon prince charmant tout beau tout neuf, un emploi du temps de marathonien auquel il n’avait pas du tout l’habitude mais se pliait avec grâce.

 

 Un des seuls moments dont je me souvienne un peu triste est nos trajets entre la rue de Maubeuge et la Défense, les matins de semaine pour aller bosser. Mon petit chéri avait du mal à cacher son impatience de me voir descendre du métro, quand enfin, il pourrait prendre son bouquin et ne plus  faire semblant d’écouter mon insatiable besoin de lui raconter tout et n’importe quoi, du moment qu’on parle !

 

Et puis les filles sont arrivées, nos boulots ont évolué, on a acheté la maison, les vacances en corse se sont transformées en vacances aux Caraïbes !

 

C’est par où la famille heureuse et nombreuse ? C’est tout droit, on y va direct et comme on est vite arrivés, on se fixe un nouvel objectif pour entretenir cette belle dynamique et on planifie un tour du monde.

 

Le tour du monde, ou plutôt sa version en quart de tour parce qu’on sait bien qu’on ne fera pas ça toute notre vie, que notre vraie vie à nous, elle est avec les autres, vous quoi !

 

Alors, on planifie, on organise, on achète un camping-car et on s’enferme à 5 dans 9 m2. On vous en a déjà parlé, ça vous a déjà fait marrer la promiscuité de vivre à 5 dans un espace réduit. On vous a déjà dit aussi que les conversations sont toujours un peu les mêmes et qu’on a parfois du mal à enrichir nos discussions. Heureusement, plusieurs d’entres vous nous on rejoint et on a fait des connaissances un peu en profondeur avec certains, ce qui nous a permis de prendre un peu de recul et d’élargir à nouveau notre spectre de conversations.

 

Mais, il ne faut pas sous estimer ce phénomène de raz le bol qu’on arrive à se faire sentir quand on est deux et qu’on a rien d’autre à se mettre sous la dent qu’à se parler. Moi, en tous les cas, je suis à fleur de peau dès que je sens cette lassitude que me fait sentir ma moitié quand j’ose lui dire que je le trouve de mauvais poils. Alors, me revient cette image Parisienne du début, que j’avais vite oubliée et qui me revient maintenant. Comment peut-il passer de l’amour de ma vie à un ours bourru et renfermé en un rien de temps ? Comment est-ce que je déclenche ce phénomène ? Qu’est-ce que je dis ? Qu’est-ce qui l’énerve assez pour qu’il se mette d’un coup à accélérer le mouvement, à crier sur tout le monde, à ronchonner sur les campings et les gens, à nous faire sa soupe à la grimace, à acheter un paquet de cigarettes ?

 

Comment ça va se passer à notre retour ? Est-ce que le fait d’être à nouveau noyés dans nos vies et mélangés à nos multiples vies mondaines, va nous éviter ce phénomène pesant et lourd pour moi ? Est-ce que le fait de ne plus passer 24h/24 ensemble va nous éloigner et qu’on n’en aura alors plus rien à faire de l’humeur de l’autre ? Ou au contraire, est-ce que ce sera plus facile d’oublier nos humeurs quand on passera moins de temps ensemble ?

 

C’est pas facile de réussir sa vie de couple, d’entretenir la flamme tout en préservant son espace vital, de respecter les états d’âmes de l’autre sans se faire hara-kiri sur ses envies à soit, d’avoir toujours envie d’aller dans la même direction alors que le temps nous change… Et peut-être que de s’enfermer dans un camping-car pendant 10 mois, c’était pas l’idée du siècle pour entretenir cette flamme !

 

Ne soyez pas déçus ou inquiets, ça me passera, ça me passe toujours…


Publié le 24/04/2010 à 13:36, dans Livre de Bord, Delphes
Mots clefs :

<- Page précédente | Page suivante ->